Littérature
Les premières œuvres mexicaines en espagnol datent du XVIème siècle et un grand nombre d'entre elles ont des thèmes empruntées aux traditions des populations indigènes.
Les écrivains mexicains les plus connus sont les romanciers Mario Azuela (1873- 1952), le premier représentant des romanciers de la révolution, Martin Luis Guzman (1887- 1976) dont l'œuvre évoque cette révolution (l'Aigle et le Serpent en 1928), Andrés Henostrosas, Augustin Yanez et Carlos Fuentes dont les romans sont une satire de toutes les conventions du monde latino américain et témoignent d'un grand souci de recherches formelles (la Mort d'Artemio Cruz en 1962)
Il y a aussi des poètes et des essayistes comme Alfonso Reyes (1889-1952) qui est revenu aux sources de l'inspiration nationale et de la civilisation aztèques (Vision de l'Anahuac) lauréat du Prix de Nobel de littérature en 1990, et Octavio Paz dont l'œuvre poétique unit l'inspiration populaire à la diversité des expériences humaines et littéraires de son existence vagabonde (courant alternatif en 1967, le Labyrinthe de la solitude, dans lequel il a essayé de faire l'analyse de son pays.
La Révolution a marqué un véritable retour aux sources et les écrivains se sont aperçus qu'ils devaient se tourner vers le peuple. Et la poésie a marqué le début d'une rupture avec le passé (Mort sans fin de Gorostiza s'est penché sur le thème de la mort et du vide tandis que Carlos Pellica originaire des régions tropicales du Tabasco est un chantre subtil des couleurs et des harmonies de Terres chaudes)
Il y a aussi deux romanciers classiques espagnols qui peuvent être considérés comme des Mexicains, puisqu'ils sont nés en Nouvelles Espagne : la sœur Juana Ines de la Cruz dont l'œuvre immense comprend des poésies amoureuses, des sonnets ravissants, des comédies et des saynètes, des drames historiques et sacrés ainsi que Juan Ruiz de Alacon, dramaturge, auteur de la nouvelle historique le Tricorne en 1874. Tous deux sont revendiqués par les espagnols et par les Mexicains.
Un grand nombre de contes ont été écrits par des ethnologues de l'Institut indigéniste. Ils racontent tout simplement en quelques pages une histoire de sorciers ou bien ils décrivent les hallucinations dues au peyotl. La misère, la pauvreté, la passivité face à l'oppression sont des thèmes assez fréquents. L'homme politique est aussi une cible de choix. Malheureusement, très peu de contes ont été traduits en français et très peu sont faciles à traduire car non seulement ils font souvent appel au langage indien mais ils se réfèrent aussi toujours aux modes de vie autochtones et certains mots faciles à comprendre dans le contexte mexicain n'auraient aucun sens en français et nécessiteraient de nombreuses annotations.
Architecture
L'architecture coloniale espagnole, de style gothique, plateresque (style espagnol du XVIè siècle caractérisé par une ornementation sculptée en faible relief, comparable à celles des pièces d'orfèvrerie), classique et baroque, parfois décorée de motifs indiens est présente dans tout le pays. A la fin du XIXè siècle et au début du XX è siècle, les splendeurs architecturales du Second Empire français ont été introduites dans la capitale Mexico.
Après la 2ème guerre mondiale, le Mexique a connu une renaissance architecturale, qui a attiré le monde entier. Les nouveaux bâtiments construits pour l'Université nationale autonome du Mexique, conçus par un groupe d'artistes et d'architectes dirigés par Calos Lazo ont été décorés de remarquables fresques et mosaïques. Un autre architecte, Felin Candela, créa des structures en béton très originales pour un certain nombre d'églises et aussi pour le Palais de sport utilisé lors des jeux Olympiques de Mexico en 1968. Louis Barragen, mondialement célèbre y a donné corps au mouvement moderne de l'architecture mexicain.
Peinture et gravure
Guadalupe Posada (1981-1913) a été un grand graveur profondément mexicain. Il a beaucoup utilisé tant dans la gravure politique que dans celle de mœurs la cavalera, c'est-à-dire le crâne ou le squelette. Un de ces contemporains Manila a puisé lui aussi dans le fonds populaire pour en tirer des cavaleras de la vie quotidienne.
Une riche tradition de peinture et de sculpture a déjà existé au Mexique, bien avant la conquête espagnole. Par la suite, des artistes de la période coloniale produisirent des œuvres d'une grande pureté même si les dernières années ont été marquées par une production purement académique. L'un des artistes mexicains les plus significatifs est José Guadalupe Posada qui eut pour disciples Diego Rivera, David Alfonso, Sequerios et José Clémente Orozco, chefs de file d'un groupe d'artistes mexicains qui se sont illustrés dans la peinture rurale.
Deux peintres sont bien connus en Europe. Le premier Rufino Tamayo est un peintre de choses simples, un artiste en quête de lui-même, affirmant sans cesse une perception sensuelle du monde. La seconde Frida Kalho a été l'un des plus grands peintres mexicains. C'est en elle et aussi dans la culture indigène de Mexique à laquelle elle s'est très souvent référée, qu'elle a puisé une imagination extraordinaire. Femme, elle a peinte en femme, sans complexe la naissance, l'allaitement ; malade, elle a peint la maladie et souffrante la douleur. Son style est un mélange de réalisme, de symbolisme, et de surréalisme.
Toutefois quand on parle de l'art moderne mexicain, on se réfère généralement à l'œuvre de Rivera, David Alfonso, Sequerios et José Clémente Orozco ; trois personnalités aussi différentes et qui s'opposent fortement dans leur art.
Comme les peintres ont participé à la Révolution mexicaine, il a fallu montrer la réalité, les misères, fustiger les bourreaux, non pas sur des tableaux que pourraient acheter des gens riches pour leur satisfaction personnelle, mais sur les murs pour être vus par le peuple.
Communiste convaincu, Diégo Rivera (1886-1957) voit dans les grandes fresques le moyen de rendre accessible l'art au peuple mexicain. D'abord cubiste quand il a fréquenté Montmartre, que Picasso, Modigliani, Braque ont hanté, il a rallié cette forme de peinture une fois revenu au Mexique pour peindre de gigantesques fresques illustrant pour le peuple l'histoire de son pays. Il a recouvert les murs du Palais national d'une grande fresque montrant la splendeur de Tenochtitlan, l'ancienne capitale aztèque. Sa peinture parait en premier abord grossière, brutale , et rétrograde mais mérite qu'on la connaisse. Car ses compositions murales ont une tendance sociale, de style à la fois moderne et primitiviste.
Orosco est une sorte de Daumier tropicale. Ses fresques ont la cruauté, la verve, l'ironie cinglante des dessins du Français mais ce sont sur des murs que s'étalent les violentes couleurs de ce caricaturiste. Il reste dans le prolongement de la peinture romantique, même si des éléments abstraits font parties de son œuvre.
Quant à Davis Alfonso Siquieros, il semble le mieux représenter le mouvement en avant de la peinture mexicaine. Ayant participé à la Révolution, ses fresques d'une violence baroque sont un appel à plus de justice. Il a ouvert une nouvelle voie à l'art figuratif, il peint au pistolet ou à la pyroxiline .
L'art populaire
Au Mexique, il y a un art populaire qui se manifeste essentiellement dans l'artisanat et la décoration d'églises.
L'art populaire est sans doute le plus riche qui soit : céramiques, laques d'Uruapan, boites peintes de San Luis Potosi, rebozos de Santa Maria , poteries aux couleurs rutilantes, paniers où toutes les couleurs de la vannerie se marient. L'osier, la paille servent aussi à modeler ou à tresser tous les chapeaux traditionnels du pays : l'immense sombrero brodé d'or et d'argent, le simple chapeau des cavaliers du Nord, celui des paysans de Cuernavaca rond, pointu, haut, de plus en plus rare.
Mais c'est aussi dans la décoration d'églises que l'art populaire mexicain s'exerce. Il se manifeste à travers des christs sanglants et torturés qui se trouvent dans de nombreuses églises et qui sont sinistrement réalistes et néanmoins hallucinants. On peut aussi classer dans la peinture naïve les ex-votos que les paysans offrent pour remercier la Vierge de Guadalupe ou les saints des miracles qu'ils ont opéré en leur faveur. Dans certaines églises, les indiens ont entrepris seuls la décoration. Le génie populaire s'est ainsi exprimé , aussi directement que possible, allant instinctivement au baroque et rejoignant sans le savoir la prolifération ornementale des temples précortesiens. Un des exemples est la chapelle Santa Maria Tonantzila, à l'ornementation extraordinaire. Ce sont les villageois qui ont procédé à sa décoration. Autour d'une Vierge aux traits européens, ils ont tissé une véritable forêt vierge de volutes, d'arabesques et de figures. Le baroque est devenu le style des églises mexicaines. Le grand style baroque de la fin du XVIIème siècle et de presque tout le XVIII ème siècle peut être considéré comme un art mexicain.
La musique :
La musique populaire du Mexique comprend des complaintes chantées lors de la Révolution, chansons au rythme lent, très connues et appréciées comme la Cucaracha, la Adelita ou le Prisonnier Juan de Ullna. Il y a aussi le mariachi qui désigne à la fois la formation musicale, le style de musique et la culture musicale. Les mariachis, en tant que formations musicales, sont des groupes populaires comprennant le plus souvent deux violons, deux guitares à 5 cordes, deux trompettes et un guitaron, grande guitare basse. Certains mariachis sont formés par quelques dizaines de musiciens. Ils sont originaires de l' Etat de Jalisco. Des musiciens américains comme los Lobos, Flaco Jimenez ont été influencés par leur musique.
On trouve aussi des styles musicaux et des danses populaires comme la banda au nord du pays et le salsa dans le reste du Mexique. Une des contributions les plus importantes à la musique et à la poésie folklorique américaines est le corrido, ballade folklorique composée de quatrains en vers, issue du romanza espagnol.
La gastronomie mexicaine:
Elle est très riche, très variée et utilise de nombreuses épices, de par les influences à la fois espagnole et indigène. L'influence indigène se manifeste par l'emploi de produits comme le maïs, les piments, les haricots noirs, les courges, les avocats, la patate douce, les tomates, le cacao, la vanille, la dinde, et de nombreux produits et condiments du continent américain. Quant aux Espagnols, ils ont introduit les viandes ( boeuf, poulet, porc,.), le poivre, le sucre, les produits laitiers, le blé et le riz et de nombreux ingrédients de l' Ancien monde.
De la fusion de ces deux traditions, émergentle pozole, le mole et le tamales, une grande variété de pains, de boissons comme le champunado, des boissons rafraichissantes aromatisées aux fruits, des desserts comme l'acitron, des bonbons cristallisés, le rompone, la cajeta, le jericaya. Il y a d'autres spécialités culinaires, comme les guacamoles : des purées d'avocats agrementées de tomates, d'oignons et de chile ; le mole poblano: du poulet et du riz assaisonnés d'une sauce faite de nombreux piments, d'épices et du chocolat.
Quant au tamales, c' est une feuille de maïs farcie soit de poulet soit de farine de mais, soit de maïs ou de légumes.
Fetes:
L' une des fêtes les plus importantes du Mexique est la fête des morts du 2 Novembre. C' est une fête typiquement mexicaine, au cours de laquelle les Mexicains vont dans les cimetières pour célébrer leurs morts. Ils décorent les tombeaux, apportent de la nourriture et jouent de la musique. Le Mexique est l' un des rares pays du monde ayant un rapport festif avec la mort, ce qui n' est pas perçu de manière négative.
